« Il manque des espaces démocratiques pour que les habitants s’expriment »

Entretien par P., pour l’Humanité, de Frédéric Gilli, Auteur de Grand Paris, l’émergence d’une métropole.

L’urbaniste revient sur l’évolution du Grand Paris. Pour lui, il faut donner la parole aux habitants, dont les besoins sont ignorés, et s’inspirer de la mobilisation autour des jeux Olympiques.

De nouveaux arbitrages sont attendus sur l’organisation institutionnelle du Grand Paris. Comment expliquer que chaque président veuille donner son orientation ?
Frédéric Gilli : Paris n’est pas une collectivité comme une autre. C’est la capitale de la France, qui représente un tiers de la création de richesse du pays, concentre le principal aéroport international du pays, le principal centre d’affaires, le siège de 90 % des grands groupes français. Elle représente un enjeu international, de cohésion sociale, de développement d’une telle ampleur que l’État a forcément son mot à dire. Si les réformes sont incessantes, c’est aussi parce que les territoires vivent des transformations profondes. Ils sont de plus en plus interconnectés, interdépendants. Leurs habitants sont de plus en plus mobiles et les flux, plus rapides. Cela perturbe directement la façon dont on organise l’administration du territoire. Prendre les décisions à la bonne échelle suppose de remettre en cause des équilibres de pouvoir, des changements de pratique politique et administrative, c’est pourquoi ces évolutions se font en tâtonnant. Suite de l’entretien

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Échelle Humaine

CollectivitésViables.org

vieille-ville-en-europe-au-coucher-du-soleil-avec-le-rétro-effet-de-filtre-de-vintage-59634817.jpgNotion clé de l’urbanisme, la ville à échelle humaine renvoie à une capacité de l’environnement physique d’être perçu de manière favorable et d’être approprié par les personnes, grâce à des formes adaptées à la dimension humaine, mais aussi à un parti pris qui donne la priorité aux personnes dans l’aménagement.

Le succès de l’expression « à échelle humaine » tient tant aux qualités qu’elle évoque qu’à la place qu’elle laisse à l’interprétation, ce qui entraîne cependant parfois une utilisation inadéquate.

Une ville à dimension humaine

L’échelle humaine peut renvoyer à un ordre de grandeur ou signifier « aux dimensions de l’homme » (Québec. OQLF, n. d.), pour caractériser le format des éléments qui constituent notre environnement (p. ex. la taille des bâtiments, des espaces publics). Elle indique alors l’adéquation du milieu avec la taille d’un être humain, dans l’idée que l’humain devrait s’y sentir à l’aise plutôt que de se sentir écrasé par les bâtiments et les infrastructures (Pays-Bas, 2001) ou encore dérouté (Bukowski, 2010).
Cette expression présente cependant une grande part de subjectivité. Une personne pourra considérer qu’un bâtiment à échelle humaine comprend un à deux étages, une autre placera la limite à sept étages, et personne n’interprétera de la même façon la taille d’une agglomération à échelle humaine. Il est donc essentiel de baser l’appréciation de l’échelle humaine sur des indicateurs objectifs.
Aménager l’environnement en fonction de la faculté de l’individu de le percevoir, à sa hauteur et par ses cinq sens permet de dépasser cet écueil (p. ex. niveau sonore, ensoleillement). Gehl (2010) propose ainsi quelques ordres de grandeur pour concevoir un milieu ou évaluer la relation entre les sens et un environnement bâti :
● c’est en-deçà de 25 mètres que l’on perçoit suffisamment notre environnement pour s’émouvoir d’une scène et de 100 mètres qu’on identifie les mouvements de quelqu’un ;
● dans une rue, on est sensible aux détails architecturaux du rez-de-chaussée ; depuis la fenêtre, on peut surveiller des enfants jouer dans la ruelle jusqu’au troisième niveau ; ● un adulte marche à environ 5 km/h et est stimulé si le décor change toutes les 5 secondes. Une rue commerciale avec des façades de moins de 7 mètres de large encourage donc la marche. Suite de l’article

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(Vidéo) Philippe Barre, fondateur du projet Darwin à Bordeaux, chantre des « bâtisseurs »

L’Express
Darwin Bordeaux« Il est écrit où le dogme selon lequel un entrepreneur ne peut pas être humaniste ‘ » : à 43 ans, Philippe Barre, fondateur de Darwin, projet urbain ayant jeté les bases à Bordeaux d’un modèle inédit de développement économique durable, défend les « bâtisseurs » contre les « bétonneurs ».
Patrons de start-up, employés d’entreprises en co-working, responsables d’une ferme urbaine, clients du restaurant bio, touristes en goguette et prochainement mal-logés accueillis en logements d’urgence… l’espace Darwin, sur la rive droite à Bordeaux, est en perpétuelle ébullition.
Tout commence en 2006 lorsque Philippe Barre, patron d’une agence de communication bordelaise, cherche un lieu de travail à partager, avec l’idée de mutualiser cantine et espaces de détente. Suite de l’article

En savoir plus : Le projet Darwin de Philippe Barre défend les bâtisseurs, le Point

Reportage de la chaine Public Sénat (50 min)

(Vidéo) L’arbre à vent, quand l’éolien se fond dans le paysage urbain

De Mélissa Petrucci, pour les Smartgrids
1455741229_L-arbre-a-vent-quand-l-eolien-se-fond-dans-le-paysage-urbain_grandLa société Newwind a créé un système éolien qui prend la forme d’un arbre. L’objectif de cette entreprise parisienne est de démocratiser l’utilisation de l’énergie éolienne en trouvant les solutions nécessaires pour répondre aux besoins énergétiques croissants de notre société. Suite de l’article

(Vidéo) Un plan d’action pour redynamiser le centre-ville de Montpellier

De Cédric Nithard, pour Vous savez tout

Centre ville de Montpellier

Philippe Saurel a résumé ce matin l’ensemble des mesures prises par la municipalité pour donner un second souffle au centre-ville de Montpellier. Un plan d’actions qui visent à redonner toute son envergure à l’Ecusson et par ce biais faire de Montpellier « la grande métropole de la Méditerranée ».

Sur le même thème : (VIDÉO) Reportage de TVSud

Zones de rencontre : Metz passe à la vitesse inférieure

Le Républicain Lorrain
Metz Centre VilleLa municipalité entend multiplier ce que l’administration appelle des « zones de rencontre » afin de permettre aux usagers de la ville de mieux cohabiter sans pour autant virer les voitures et traumatiser les automobilistes.
La piétonisation totale de certains secteurs, c’est inexorable… » En attendant que ne se réalise cette prophétie de Guy Cambianica, les automobilistes vont devoir commencer par lever le pied dans Metz. Récemment, le conseiller municipal délégué à l‘usage de la voirie et des espaces publics, a présenté l’extension des zones dites de « rencontre » dans plusieurs quartiers. Suite de l’article

Des politiques culturelles et urbaines au service du mouvement de la cité

De Jean-Pierre Charbonneau, pour Médiapart
Une politique culturelle est un choix, une prise de position. Elle n’est pas seulement l’application d’une méthode ou la dépense plus ou moins raisonnée de budgets. A l’image des stratégies urbaines, je suis convaincu qu’elle doit déjà mobiliser les forces vives. Quelques illustrations. Suite de l’article

La ville participe-t-elle des inégalités entre les sexes ?

Entretiens de Anna Musso, pour l’Humanité
ville-la-foule-homme-femme-gens-1560x1036Table ronde avec Sophie Louargant, géographe à l’ université Pierre-Mendès-France de Grenoble, Yves Raibaud, géographe à l’université Montaigne de Bordeaux et Lidewij Tummers, urbaniste à la 
faculté d’architecture TU Delft au Pays-Bas.
Les faits. La ville a-elle été imaginée et conçue de façon égalitaire et équitable pour que chacun-e puisse se l’approprier et non la subir ? Depuis plusieurs années, les recherches sur le genre et la ville se multiplient : elles dénoncent les inégalités entre les sexes et proposent des mesures pour y remédier. le contextE. Le Mage (1) organisait, il y a quelques jours, une conférence en présence de géographes et d’urbanistes venus faire état de leurs recherches et proposer des solutions pour participer à l’égalité hommes-femmes. Suite des entretiens